CIMA

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Historique

  • octobre 1971 : création par Jean Zeitoun du Centre de Méthodologie, Mathématique et Informatique (MMI) au sein de l’Institut de l’Environnement, nouvellement créé, rue Erasme à Paris.
  • début 1974 : le centre de calcul est opérationnel
  • 1975 : transformé en CERA – Centre d’Etudes et de Recherches Architecturales, Unité de services du Ministère de l'Equipement et du Cadre de Vie,
  • 1980 : après la disparition de l'Institut de l'Environnement, devient CIMA - Centre d'Informatique et de Méthodologie en Architecture. C'est un service extérieur de la Direction de l’Architecture. Une association jumelle du CIMA, ARCIMA (Association loi 1901 de recherche du CIMA) est à son service de 1980 à 1992. C’est à l’aide d’une équipe d’informaticiens et d’architectes que le CIMA développe ses premiers outils avec Alain Buis, Claude Lebrun, Jean Dusuzeau, Jean Paul Boudier, Philippe Toth, Jean Louis Schulmann, Sabine et Mikhael Porada, Dominique Clayssen, Jean Paul Maroy, Pascal Terracol, François Guéna, Jean Pierre Leninger, Dominique Beautems, Louis Mariani.
  • En 1982, dans le cadre du programme de recherche Projet financé par le Plan Construction, Pascal Terracol reprend les travaux de Jean Louis Schulmann, MODUL et COMBI, deux logiciels écrits sur 256 lignes de code interprétés en LSE sur un T1600 multi-tâche permettant à 16 utilisateurs de se partager simultanément les 256 kilo-octets de RAM de tores en ferrite adressables à partir des terminaux TEKTRONIX 4010 et 4014. C’est sur la base du modeleur ED3 ré-écrit ainsi en Fortran 77 sur un Solar, que naitra alors Imagix3D en 1984 avec l’apparition des premiers PC. Mais auparavant, ED3 va être implémenté sur l’IRIS 80 du Centre de calcul du ministère de la Culture permettant ainsi à Jean François Depelsenaire et à Pierre Henon à l’ENSAD de démarrer avec ED3, et via une connection RTC à 9600 bauds en frontal d’EUCLID, l’activité du laboratoire AII. Pascal Terracol va également enrichir un jeu de primitives 3D et développera en APL sur IBM un autre modeleur pour la CISI, qui est l’une des filiales du CEA. Enfin ED3 va permettre à François Gruson de commencer son activité de prestataire avec la machine de Pascal Leray du CCETT de Rennes et de créer ainsi Archividéo.

Les recherches du CIMA ont toujours visées plus la méthodologie de la création architecturale que la visualisation du projet final. Une analyse au sein de l'équipe des applications des outils de CAO et DAO pour la création d'idée du projet, suivie d'expérimentation concret menée par Sabine Porada avec d'autres architectes au cours d'élaboration des esquisses des projets pour les concours, oblige à chercher les outils plus appropriés pour cette phase de conception. Il est devenu clair que l'apparition des logiciels de CAO et de DAO, précédant l'avènement des logiciel d'images de synthèse, a bien inversé les étapes usuelles de conception architecturale. Si la recherche vise à aider la conception spatiale dans des conditions de création directe sur l'écran, il faut développer les outils d'image, vu qu'au cours d'élaboration du concept du projet l'architecte manie, non seulement les formes, mais également les couleurs, la lumière et les textures. Dorénavant l'équipe s'engage dans un développement de technologie d'image de synthèse, et les véritables outils d'aide à la création architecturale apparaissent grâce à la collaboration du CIMA avec Michel BRET, un magicien de la programmation, créateur d'un logiciel français de synthèse d'images.

En se basant sur son logiciel d'images de synthèse Anyflo et sur des expérimentations, menées par Sabine Porada, Michel Bret développe une série des logiciels dérivés sur des plateformes différentes : Ikograph et Ikolight, commercialisé sur PC, puis OPEN-DESIGN, (sur PC et SUN). Ce dernier a été offert aux Écoles d’Architecture pour la pédagogie de l'infographie.

Déjà à l'époque ces logiciels permettaient à définir des multiples sources lumineuses avec variation de leur intensité, 32768 couleurs simultanées, gestion des surfaces courbes arbitraires et des surfaces fractales, déplacements dans l'espace et le temps et détermination des lois de mouvement. La possibilité de la visualisation des équations mathématiques, basée sur l'approche langagière du logiciel, à ouvert aux architectes les potentialités inattendu pour découvrir et explorer des espaces et des formes inédites : bandes de Möbius, surfaces de Boy, surface d'Enneper..., en dévoilant les potentialités d'une nouvelle liberté dans le domaine de création spatiale. Cette liberté formelle a été déjà potentiellement réalisables, et elle va se réaliser effectivement avec l’avènement de fabrication numérique  : la naissance des formes sérielles qui sont à la base de l'architecture de Greg LYNN et d'autres. Aujourd'hui, non seulement l'architecte peut les représenter, mais il peut les réaliser, en termes constructif et économique.

Principaux rapports de recherche sur image dans les années 80 :

1981 : BUIS (Alain), CEMELI (Nicolas), TERRACOL (Pascal). Le logiciel Proxima en Urbanisme/Architecture. Paris : CIMA.

1983 : TERRACOL (Pascal). ED3, un modeleur tridimensionnel. Paris : CIMA.

1985 : Les deux aspects de la palette électronique, projet de recherche, CNRS;

1986 : Langage de création et rhétorique de l'image de synthèse animée, Ministère de la Culture, Mission de la Recherche, sous la direction scientifique de J. ZEITOUN, chef du projet S. PORADA, avec participation de M. ARNOLD, M. BRET, C. LEBRUN; D. LOBSTEIN, Ch. ROBIN;

Recherches sur les outils d'aide à la création architecturale dans les années 90

L'expérimentation menée avec des architectes connus au cours des concours d'architecture a permis de développer pour cette étape les outils de manipulation spécifiques des formes, des couleurs, de lumière et des textures...

La conception d'esquisse pour ces projets se fait directement sur l'écran, allant de l'idée à l’élaboration de structure. Pour concevoir, par exemple, la maquette informatique 3D pour ces images du concours d'idée sur le développement de ville nouvelle Melun-Sénart, sont utilisé les fonctionnalités des fractales, des particules, des motifs et des treillis 3D. Au lieu de présenter des plans précis pour ce concours d'idées, ces images n'expriment que l'idée générale des axes de développement possible de future ville.

Les expérimentations, menées avec les architectes ont été largement exposées dans deux recherches pour le Plan Construction et Architecture :

" 1992 : "Image numérique comme instrument d'aide à la création architecturale", recherche expérimentale Plan Construction et Architecture, Sabine PORADA chef du projet, avec la participation de Michel PORADA, Bernard PELTIER, Didier DRUMMOND, 1992;

" 1994 : "Voir l'idée : aide à l'exploration des concepts architecturaux", recherche Plan Construction, Sabine PORADA chef du projet, avec la participation de Michel PORADA, Bernard PELTIER.

Chaque expérimentation a été fructueuse aussi bien pour le développement du logiciel que pour les architectes qui ont participé. Il y a autant de façons d'utiliser l'informatique que d'architectes, chacun ayant une approche différente de création, chacun étant attiré par les fonctionnalités particulières de l'informatique. Ils reconnaissaient de s'inspirer, tantôt des configurations géométriques insolites, tantôt de dimension poétiques, heuristique et évocatrice de ces images, tantôt de l'aspect dématérialisé et transparente de l'écran. Les nouvelles possibilités qu'ils découvraient dans cette technologie deviennent vite très à la mode en architecture elle-même. Il suffit de lire les écrits de l'époque dans les revues d'architecture. Le bulletin spécial d'information de l'Ordre des architectes, "Architecture & Informatique" mai 1988, est consacré à ces témoignages et à la comparaison des approches et des logiciels pour l'architecture.

Donc, déjà en 1984, il existe en France trois logiciels d’images de synthèse 3D industrialisés : Imagix3D, Ikolight et Cubicomp, un logiciel américain sur PC AT. Deux de ces logiciels sont issus directement ou indirectement du CIMA (Imagix3D et Ikolight) et les premiers studios - dont certains sont devenus les leaders du marché - utilisent ces outils notamment : Mac Guff Ligne (Imagix3D), BSCA (Imagix3D), Fantome (Cubicomp). Ces outils ont marqué les toutes premières années de l’image de synthèse en France.

Dans ces années l'équipe du CIMA partageait deux axes principaux de recherche : "Scénographie Infographique" et "Intelligence artificielle", ayant pour but leur future fusion dans la recherche sur la "Scénographie intelligente" qui devait assister la conception spatiale. Mais en 1992 les deux axes de recherche se disjoignent : l'équipe de "Scénographie Infographique" devient l'équipe de "LAMI" (Laboratoire de recherche en Architecture, Méthodologie de la conception et Infographie), et l'équipe "Intelligence artificielle" se transforme en "Lutece'IA" où "IA" signifie l'Intelligence Artificielle.

Collaborateurs

Une partie de l'équipe du CIMA à la fin des années 70 : de gauche à droite, Mikhael Porada, Jean Louis Schulmann, Sabine Porada, Jean Zeitoun, Alain Buis.
Sabine Porada et Michel BRET, 1983

Réalisations

Galerie

Voir aussi

Un article de Jean-Pierre COUSIN, publié dans Art Press, Special Hors-Série N° 12 : Nouvelles Technologies - Un Art Sans Modèle? retrace déjà en 1991 "En diagonale, vingt ans de recherches sur l'image au CIMA".

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