ATI

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Le département Art et Technologie de l’Image (ATI) de l’Université Paris 8 est crée en 1984. L’équipe fondatrice, composée d'Hervé Huitric, Monique Nahas, Michel Bret, Edmond Couchot et Marie-Hélène Tramus, met en place un programme de recherche et d’enseignements hybrides, à leur image, entre art et programmation.

C’est l’une des premières formations en image de synthèse en France, avec l'atelier AII abrité par l’EnsAD au début des années 80.


La formation a connu plusieurs tentatives et projets avant de s’établir telle qu’on la connait aujourd’hui. L'épopée d'ATI commence au Centre universitaire expérimental de Vincennes dans les années 1970, lieu qui a vu apparaître des formations qui étaient tout à fait innovantes et qui ouvraient d’autres traditions. Ce contexte a son importance puisqu'il a permis à la future équipe d'ATI de se rencontrer.


Hervé Huitric venait des Beaux Arts et était rentré à l’université expérimentale de Vincennes pour faire de l’art avec des ordinateurs. Monique Nahas, qui est la compagne d’Hervé Huitric, venait d'un horizon totalement différent qui était la physique théorique, et travaillait sur les groupes de lie. Michel Bret était peintre et professeur de mathématique. Marie-Hélène Tramus, qui arrivait d’une licence de philosophie, avait fait par ailleurs de l’art vidéo. Et Edmond Couchot, qui était déjà connu pour ses œuvres cinétiques et machines « interactives » comme les Sémaphores, fut invité par l’université à intervenir.


Hervé Huitric, Monique Nahas et Michel Bret travaillaient déjà avec le Groupe Art et Informatique de Vincennes (fondé en 1969), qui regroupait des informaticiens, des plasticiens, des musiciens.

Edmond Couchot nous raconte :

Nous avons concrétisé les relations avec le groupe et décidé d’en faire profiter des enseignants qui semblaient tout à fait prêts à nous suivre dans l’aventure. On a démarré avec une année préparatoire, une année test. On travaillait avec des logiciels maisons d’Hervé Huitric et Monique Nahas, appelé le Rodin, et de Michel Bret, Anyflo. On travaillait sur un PDP11, un LS611 de 64koctet avec un processeur graphique Colorix mis au point par Louis Audoire en 1975 qui nous permettait de recueillir des images en les filmant bien entendu, avec une définition je crois de 384 sur 246, 4096 couleurs, en 1980. […] Mais le coup d’envoi ça a été vraiment une grande manifestation qui a eu lieu autour des technologies de l’image à la Chartreuse de Villeneuve Lez Avignon pendant l’été 1983. Il y avait tous les gens qui s’intéressaient à l’époque à ces nouvelles images - il y avait Mandelbrot, John Withney qui a fait les images de l’Odyssée de l’espace, Philippe Bergeron qui avait présenté sa première animation en filaire, etc. Nous avions été invités à participer à un stage d’initiation à la synthèse d’image, c’est Hervé qui le dirigeait, et une douzaine de nos étudiants s’étaient inscrits au stage. Extraordinaire on a eu l’accès à un VAX 780 qui était la perle des perles pour des gens qui commençaient à travailler avec ces techniques. Donc nos étudiants ont fait un stage de quelques 3 semaines, ils étaient totalement emballés, ils ont eu un grand projet, et finalement, à la rentrée, à côté des cours qui étaient assez sporadiques (20 étudiants, manque de matériel, de moyens) on a été invités par Henri Gouraud au Centre Mondial de l’Informatique où nous avons rencontré Alain Chesnais. Nous avons passé presque deux ans ensemble, à réaliser pas mal de choses, comme Gastronomica.