Pixigraph

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Projet de société de production d'images numériques en 2D et 3D porté par l'INA de mi-1983 à mi-1985

1983

Henri False, directeur de la recherche prospective, et Jacques Pomonti, président de l’INA, ont compris le potentiel et la dynamique de la jeune équipe INA d3D. Ils ont à coeur de monter une société filiale de production qui pourra exploiter pleinement et mettre en production les recherches développées au sein de l’INA, tant sur le plan du dessin animé assisté par ordinateur avec le système Psyché qu’avec les images de synthèse 3D.

Un tout premier projet, centré autour du CCETT est limité à l’image de synthèse 3D et à la télévision. Son tour de table est très vaste avec trois partenaires principaux, le CCETT, l’INA et la SFP mais aussi le LACTAMME, l’ENST et l’INSA de Rennes !

Mais très vite, l’INA propose un projet dont elle est le leader, resserré autour d’un noyau INA/SFP et dont le champ est élargi à la 2D. Dès la réunion du Plan Recherche Image du 6 juillet 1983, Henri False fait ajouter une ligne de soutien, elle s’intitule “INA/SFP/Havas (2D, 3D, moyens de production)”, elle est dotée de trois MF. Les efforts de création de cette nouvelle structure baptisée Pixigraph à partir de début 1984 seront poursuivis sans relâche pendant plus de deux ans.

En novembre 1983 le projet s’affine et se recentre sur une filiale de production de la SFP et de l’INA “associant aux techniques film et vidéo les nouveaux systèmes de création et de traitement d’image par ordinateur”

1984

Le grand lancement a lieu lors du Forum International des Nouvelles Images à Monte-Carlo de février 1984. Le président de l’INA, Jacques Pomonti, décrit longuement le projet “venant du service public” lors de sa conférence d’ouverture et organise une conférence de presse dédiée à la nouvelle société. Interrogé par Michel Chevalet pendant le journal télévisé de TF1, il précise fièrement “nous venons de créer une filiale qui entend être leader dans la production de ces nouvelles images pour la télévision”.

Courant 1984 le projet est renforcé. Denis Freyd qui en a pris le pilotage au sein de l’INA le présente aux partenaires du Plan recherche Image qui acceptent de porter la dotation à 5 MF. Ce sera une société anonyme au capital de 1 MF, l’INA et la SFP se partagent 49% du capital, les 51 % restant étant répartis entre SOFINNOVA, BANEXI, la Caisse des dépôts et la CISI. Son objet social est “société de production et de prestation audiovisuelles associant aux techniques film et vidéo les nouveaux systèmes de traitement et de synthèse d’images par ordinateur”. Le budget prévisionnel prévoit un chiffre d’affaires de 4 MF au second semestre 1984 (40% télévision, 30% publicité, 30% cinéma) et le projet annonce fièrement “Actuellement il n'existe en Europe dans le domaine de l'informatique graphique que deux sociétés disposant du matériel et du savoir-faire nécessaires pour intervenir sur le marché de la production publicitaire : la SOGITEC et PIXIGRAPH”. De manière assez étonnante ce projet prévoit de commercialiser le logiciel de modélisation développé à l’INA auprès des écoles d’art, agences de publicité, cabinets d’architectes qui pourront ainsi saisir en fil de fer leurs objets qui seraient ensuite animés et rendus par Pixigraph ! Le rapport d’expertise commandé par le Plan Recherche Image souligne le dynamisme de l’équipe de l’INA mais s’inquiète de l’obsolescence du système de dessin animé Psyché.

Le projet échappe au tournant de la rigueur de juillet 1984, George Fillioud, secrétaire d’Etat à la Communication (tutelle de l’INA) ayant réussi à préserver son budget de recherche et innovation. En septembre Henri False donne au comité interministériel les noms des administrateurs de Pixigraph, Le décret autorisant l’INA et la SFP à prendre chacun une participation de 24,5% dans le capital de Pixigraph paraît au journal officiel du 3 novembre 1984.


1985

Courant 1985 Denis Freyd qui avait piloté tout le projet est évincé de la direction de la future société par Jacques Pomonti. Devant cette négation du rôle joué par Denis Freyd l'ensemble de l'équipe de l'INA refuse de rejoindre Pixigraph. Du coup la projet capote.